Recevoir une mise en demeure de PicRights déclenche souvent une peur immédiate : celle du procès. Pourtant, derrière les menaces de poursuites et les montants réclamés (souvent entre 500 € et 1 500 €), la réalité juridique est bien différente.
Pour comprendre pourquoi ces agences échouent souvent, il faut d’abord maîtriser les critères de protection d’une photo selon la loi française. En France, plusieurs décisions de justice récentes ont donné tort à ces agences de recouvrement automatisées. Découvrez comment utiliser la jurisprudence pour contester une demande abusive.
Le bluff du procès : Pourquoi PicRights va rarement au tribunal
PicRights se positionne officiellement comme protecteur des droits d’auteur, visant à indemniser les créateurs pour l’usage non autorisé de leurs œuvres photographiques.
Il est important de distinguer la mise en demeure (un courrier de pression) de l’assignation en justice. L’analyse économique montre que pour une réclamation de 800 €, engager une procédure (avocat, huissier, frais de greffe) n’est souvent pas rentable pour PicRights. Leur stratégie repose sur le volume : ils espèrent que vous paierez par peur du tribunal. Mais que disent les juges quand l’affaire est réellement portée devant eux ?
Les jurisprudences en faveur des utilisateurs
Des décisions judiciaires clés ont permis d’établir des limites claires aux pratiques de PicRights, principalement autour de la notion cruciale d’originalité des œuvres protégées.

Plusieurs tribunaux français ont ainsi invalidé les réclamations de PicRights lorsque les photographies en question ne présentaient pas un caractère créatif suffisant. L’une des stratégies les plus efficaces consiste à exiger la preuve de l’originalité de la part du demandeur, une démarche souvent fatale pour les dossiers automatisés.
Originalité comme critère déterminant
Les tribunaux français rappellent régulièrement que seule une œuvre originale, résultant d’un véritable apport créatif et reflétant la personnalité de l’auteur, peut bénéficier d’une protection par le droit d’auteur.
- L’Affaire Sucré Salé (CA Paris, 2023) : La Cour a rejeté la demande d’indemnisation pour une photo d’agrumes. Les juges ont estimé que les choix techniques (cadrage, lumière) ne suffisaient pas à prouver l’originalité de l’œuvre. Sans originalité, pas de protection, et donc pas de paiement.
- Cour d’Appel de Rennes (2023) : Des photos de sport prises en rafale ont été jugées non originales. La justice a rappelé que c’est à PicRights de prouver « l’empreinte de la personnalité de l’auteur », ce qu’ils sont souvent incapables de faire dans une procédure automatisée.
Ainsi, des photographies de presse, prises dans des conditions standardisées (événements publics, espaces réservés), sont régulièrement jugées non originales, invalidant automatiquement certaines prétentions de PicRights.
Liberté d’expression et droit à l’information
Certaines jurisprudences mettent également en avant l’équilibre nécessaire entre la protection des droits d’auteur et les libertés fondamentales telles que le droit à l’information et à l’expression. Des exceptions légales, telles que le droit de citation, la critique, la parodie ou encore l’usage pédagogique et de recherche, constituent des limites légitimes aux revendications de PicRights. Ainsi, la portée de leurs actions est souvent atténuée ou totalement invalidée lorsque ces exceptions s’appliquent.
Que faire si un avocat prend le relais ?
Si vous recevez un courrier d’un cabinet d’avocats partenaire de PicRights, ne paniquez pas. Une lettre d’avocat n’est pas un jugement. Elle fait partie du cycle de relance. À ce stade, répondre avec des arguments jurisprudentiels précis (comme les arrêts de 2023 cités plus haut) montre que vous connaissez vos droits et décourage souvent la poursuite des relances.
Stratégies pratiques de défense contre PicRights
Ces jurisprudences offrent des stratégies concrètes aux utilisateurs d’images :
- Évaluer systématiquement l’originalité : Avant toute utilisation d’une image, vérifier sa protection par le droit d’auteur, en s’appuyant sur les critères définis par les tribunaux français.
- Connaître les exceptions légales : Se familiariser avec les exceptions au droit d’auteur, comme l’usage pédagogique ou informatif, pour disposer d’une défense solide en cas de réclamation.
- Recours à un avocat spécialisé : Pour une défense efficace, il peut être judicieux de solliciter un avocat spécialisé en droit d’auteur (prévoir environ 400€ pour une consultation et une réponse adaptée). Celui-ci vous fournira une liste exhaustive des jurisprudences pertinentes, renforçant considérablement votre dossier.
Si vous souhaitez être autonome, vous pouvez aussi commander notre guide de réponse. Il a été réalisé à la suite de notre altercation avec PicRights, dans le cadre de notre projet Revue Histoire. Vous pouvez le découvrir à cette adresse.
Prévenir plutôt que guérir
La meilleure stratégie reste toujours la prévention.
Utilisez des plateformes de contenus libres (Wikimedia Commons, Pixabay, Pexels) ou sous licence clairement définie (Creative Commons) pour sécuriser juridiquement vos contenus.
En résumé : comment vous défendre efficacement ?
Une consultation chez un avocat spécialisé coûte en moyenne 400 €. C’est une somme importante pour une réclamation qui en vaut parfois à peine le double. Consultez notre guide dédié pour savoir exactement comment répondre officiellement à PicRights en utilisant ces arguments juridiques.
Pour vous aider à répondre de manière professionnelle et juridique, nous avons condensé notre expérience (et celle de Revue Histoire) dans un Guide de réponse PicRights.
- Le prix : 45 € (soit 10 fois moins cher qu’un avocat).
- Le contenu : Les modèles de lettres prêts à l’emploi intégrant les dernières jurisprudences de 2023 pour clore le dossier définitivement.