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Les femmes tondues durant la libération de la France

Paris, der Kollaboration beschuldigte Französinnen

Les trois documents sont des photographies représentant des femmes touchées par des persécutions en représailles de leurs supposées collaborations avec des Allemands et des Nazis pendant l’occupation. Les trois photographies ont été prises en 1944, lors de la libération de Paris. Les persécutions ont lieu à partir de la libération de la France et jusqu’à plusieurs mois après la fin de la guerre. Toutes les femmes accusées de « collaboration horizontale » avec l’occupant sont dès lors tondues, sans réel procès, ni réelle accusation. Les femmes tondues sont souvent des femmes seules, isolées, fragiles qui servent de bouc émissaire. Cette pratique n’est pas du tout admise dans le Code pénal français. Pour autant, des membres officiels, comme des fonctionnaires et des gendarmes sont présents lors de ces tontes. De plus, les comités locaux de libération organisent rapidement des missions de tontes. Celles réalisées par les Forces Française de l’Intérieur (FFI) sont dites populaires, le groupe considérant protéger les intérêts des populations. Ainsi, la Libération doit passer pour beaucoup par la tonte des femmes et la chasse aux traitres en règle générale. De véritables cérémonies s’organisent autour de ces tontes, elles sont des actes exutoires pour les populations. Ces actes de persécution ne se déroulent pas seulement en France, mais aussi dans des pays qui ont été occupés, comme la Belgique. Ainsi, des femmes qui répondent aux critères précédemment évoqués sont amenées dans des lieux publics tels que le marché, la cour de la Mairie ou encore la place du village. Une fois que la femme est tondue (mais parfois déshabillée, marquée d’une croix gammée ou autre), elle est ensuite exhibée, suivi par une foule ralliée à la cause de la tonte.

Les auteurs des photographies n’ont pas pu être déterminés, mais ils sont certainement des reporters de guerre, des journalistes. Le sujet est traité par la presse. Ainsi, nous pouvons évoquer comme exemple le reporter de guerre, Robert Capa, qui a suivi les troupes lors de la Libération et qui a photographié la scène « La Tondue de Chartres ». Pour la troisième photographie nous avons trouvé un autre point de vue qui est conservé aux Archives Fédérales allemandes[1].

Les trois photographies représentent des scènes différentes, la première concerne une femme nue, qui n’est pas tondue, escortée par une foule dans une cérémonie d’exhibition. La deuxième photographie a capturé la scène d’une femme tondue, avec un écriteau indiquant « a fait fusiller son mari ». La femme semble avoir été violentée, son nez saigne. La troisième photographie représente deux femmes tondues dans une cérémonie d’exhibition. L’une des femmes a une croix gammée dessinée sur le front. Le fait de faire subir cette épreuve aux femmes permet aux bourreaux de leur faire perdre leurs attributs féminins, mais également de les marginaliser de la société pendant de longs mois. Le corps de la femme est mis en scène, que ce soit par les écriteaux, le fait qu’elles soient dénudées, le fait qu’elles perdent leurs cheveux ou encore que leurs corps soient marqués par du goudron, de la craie, du rouge à lèvres. Ainsi, nous pouvons nous demander comment le corps de la femme devient l’objet du délit ?

Nous pouvons décomposer notre plan de recherches en trois parties majeures : I. Le corps de la femme comme objet de collaboration (source de persécutions, lien avec l’occupant) ; II. Le corps de la femme comme lieu de châtiment (tonte, nudité, inscription corporelle) ; III. Le corps de la femme comme objet de la nation (exposition à nue et publique).


[1] Cette autre photographie est conservée au Sammlung von Repro-Negativen, https://www.bild.bundesarchiv.de/dba/de/search/?query=Bild+146-1971-041-10

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Augustin.R

Augustin.R

Spécialiste des questions militaires contemporaines, ancien étudiant en Histoire à l'Université d'Angers. Je partage ici mes connaissances acquises auprès de spécialistes et d'experts universitaires 😃