De l’esclavage à la ségrégation aux États-Unis XIXe siècle

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Grands propriétaires terriens des Etats-Unis du Sud (esclavage - ségrégation)

Après la guerre de Sécession la question de l’esclavage ne doit plus exister, mais le racisme des États du Sud existe toujours.

« Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction »

Voici ce qu’énonce le treizième amendement de la Constitution des États-Unis, qui par sa présence met un terme à l’esclavage à partir du 18 décembre 1865. Le quatorzième, et le quinzième amendement permettent de placer les anciens esclaves comme de véritables citoyens, avec la reconnaissance de leur statut et leur égalité vis-à-vis de la loi, mais également en le donnant la possibilité de s’exprimer politiquement avec le droit de vote. Le début de la Guerre de Sécession en 1861 pousse l’Union et la Confédération dans un massacre fratricide. Les deux modes de vie qui se confrontent ne peuvent plus cohabiter sur le même territoire, le libéralisme économique et l’industrialisation du Nord ne permettent plus et rend désuet l’esclavage, tandis que les grandes exploitations de coton du Sud nécessitent énormément de main-d’œuvre que l’esclavage produit en masse. Dès la fin de la guerre en 1865, l’Union victorieux met en place constitutionnellement un amendement mettant un terme à l’esclavage. Le Congrès passe dès lors en force cet amendement avec le soutien et sous l’impulsion du controversé président Abraham Lincoln. La fin de l’esclavage ne marque pas l’intégration parfaite des anciens esclaves dans la société américaine. L’esclavage est remplacé par la ségrégation qui commence dans les années 1870, lors de la période de « Reconstruction ». L’assassinat d’Abraham Lincoln le 14 avril 1865 par des sympathisants de la cause confédératrice remplace le président, par le vice-président Andrew Johnson qui lui est prêt à faire rentrer rapidement les États du Sud, sans pour autant s’inquiéter des droits civiques des anciens esclaves. Dès lors le Congrès qui lui est sous domination des Républicains radicaux, met en place une procédure d’impeachment (destitution). Jusqu’au Compromis de 1877, les États du Sud ne sont pas maîtres de leur fonctionnement, mais ils sont sous la direction du gouvernement fédéral. L’armée de l’Union se place comme gérante des nouvelles lois et politiques mises en place dans le pays et surtout dans les États du Sud, elles occupent physiquement ces territoires. À partir de ce compromis, et du retour des démocrates dans le monde politique des États du Sud, les premières lois ségrégatives commencent à être mises en place. Ce sont les lois Jim Crow qui sont mises en place entre 1876 et 1964. Les lois ont pour objectifs de distinguer l’appartenance raciale, tout en maintenant les droits civiques nouvellement acquises pour une partie de la population américaine. Ces lois sont dans un premier temps indépendantes du gouvernement fédéral, parce que votée dans les États, mais elles sont confirmées partiellement par la cour suprême en 1883 avec le civil rights cases. Ce n’est qu’en 1896, que la ségrégation est totalement confirmée avec l’arrêt Plessy v. Ferguson qui autorise la ségrégation dans les transports et dans les services. Cette ségrégation n’est pas anodine et est bien visible dans la société, différentes œuvres immortalisent des panneaux, affiches et scènes de la vie corroborant cet état. Le premier document est une photographie intitulée : « Negro going in colored entrance of movie house on Saturday afternoon, Belzoni, Mississippi Delta, Mississippi » prise par la photographe sociale Marion Post Wolcott en octobre 1939. Marion Post est une militante antifasciste. Elle travaille comme d’autres photographes pour la Farm Security Administration lors de la Grande Dépression (Dorothea Lange). Le second document est les paroles de la musique Strange Fruit interprétée par Billie Holiday et qui s’inspire du poème composée en 1937 d’Abel Meeropol traitant du racisme et de la violence que subissent les Afro-américains. Abel Meeropol est un Juif d’origine russe membre du Parti communiste américain. Il est très touché par des photos de lynchage. Il décide d’écrire une musique traitant de ce sujet, Strange Fruit qu’il publie sous le pseudonyme Lewis Allan. Après que le poème prenne de la popularité Billie Holiday dite de naissance Eleanora Fagan l’interprète. C’est une importante chanteuse de jazz, qui est touché par cette ségrégation par l’intermédiaire de sa famille.

Elle connaît une jeunesse de misère, entre abandons familiaux, violence et abus. Ces deux textes ne sont pas similaires dans leur forme, mais bien dans le fond et soulèvent une question :  comment ces deux documents se présentent-ils comme témoins d’une période difficile pour la cohabitation entre Afro-américains et les blancs aux États-Unis ?

Bibliographie

Douzet, Frédérick. « Les évolutions récentes de la ségrégation aux États-Unis ». L’information géographique, vol. 69, no 4, 2005, p. 20‑31.

Collins, Sharon M. « La ségrégation par la fonction, paradoxe de l’ »Affirmative action » ». Hommes et Migrations, traduit par Mona de Pracontal, vol. 1245, no 1, 2003, p. 65‑73

« L’abolition par la Cour Suprême des Etats-Unis de la ségrégation raciale dans l’enseignement public. L’arrêt de 1955 ». Revue internationale de droit comparé, vol. 7, no 4, 1955, p. 783‑87.

Augustin.R

Augustin.R

Etudiant et alternant en Communication dans les Pays de la Loire. Un objectif : facilité l'utilisation du numérique pour les TPE et PME.

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