L’abolition de l’esclavage aux États-Unis 18 décembre 1865

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L'abolition de l'esclavage aux États-Unis

Les cas de Frederick Douglass et de Billy McCrea pour la lutte et le récit de l’esclavage aux États-Unis

L’Amérique devient une terre d’accueil pour les populations pauvres, discriminées, persécutées de l’Europe. Dans un premier temps zone d’exclusion, l’Amérique devient le centre d’un important trafic commercial. Le coton, le tabac sont des denrées produites en très grand nombre sur le Nouveau Continent pour répondre à la demande toujours plus forte des Européens. Un commerce s’installe en parallèle, la traite négrière qui permet de répondre à la demande toujours plus forte de main-d’oeuvre. Dans les Treize colonies britanniques d’Amérique du Nord, ce système existe également et permet de faire fructifier l’économie nouvelle de ce territoire. Le système devient la norme comme l’écrit l’historien Peter Kolchin :

« Dès les premiers temps de la colonisation, l’Amérique dépendit largement du travail forcé et au début du XVIIIe siècle, l’esclavage était devenu le principal système de travail dans les colonies du Sud, tout en étant légal ailleurs. » 

Les moteurs de l’esclavagisme en Amérique sont le tabac et le coton, qui nécessitent une importante main d’oeuvre. En effet, ce sont des produits extrêmement demandés en Europe. Le coton par exemple sert à fournir les usines britanniques de Manchester. Les indentured (travailleurs sous contrat) et les engagistes qui composent normalement la main d’oeuvre américaine ne permettent pas de combler la demande. 

La question de l’esclavage est évoquée bien avant la guerre de Sécession et bien avant la guerre d’Indépendance américaine. En effet, les grands penseurs de l’époque souhaitent mettre un terme à l’esclavage. La question devient primordiale lors de la guerre révolutionnaire de 1775 à 1783. Les Américains comme les Anglais promettent la liberté des esclavages qui s’engageraient dans leur camp. Les révolutions et la guerre d’Indépendance entrainent la libération des esclaves dans les États nouvellement créés des États-Unis d’Amérique. Le dernier État du nord à abolir partiellement l’esclavage est le New Jersey en 1804. Aux alentours de 1810, quasiment les trois quarts des noirs étaient libres dans les États du Nord et la totalité dans les années 1840. La traite fut quand a elle abolit en 1807, l’arrivée de nouveaux esclaves est donc maintenant impossible sur le territoire américain. Cependant malgré ses évolutions, les États du Sud nécessitaient toujours beaucoup de main-d’œuvre pour les plantations, l’utilisation de l’esclavage est toujours en cours dans les États du Sud, soulevant dès lors clivage. L’esclavage reste en vigueur notamment en Géorgie et en Caroline du Sud. Ceci provoque des migrations des populations noires souvent esclaves du Sud vers le Nord, jusqu’à la fin de la guerre de Sécession et l’abolition officielle de l’esclavage aux États-Unis d’Amérique le 18 décembre 1865. L’abolition ne provoque pas un sentiment d’égalité entre blancs et noirs, en effet, se met en place la ségrégation. Les noirs sont privés de certains droit et encadrés. Les États du Sud marquent très fortement cette ségrégation. Certains groupes apparaissent comme le Ku-Klux-Klan, qui ont comme conviction des idéologies racistes. La ségrégation s’arrête officiellement dans le milieu du XXe siècle. Ce changement de mentalité s’opère lors de la participation de régiment noir dans la Première Guerre mondiale. La situation reste précaire pour autant, encore aujourd’hui, malgré une amélioration toujours plus forte de leur condition.
Les deux personnages que nous avons à étudier sont des figures importantes de l’esclavage et de la ségrégation aux États-Unis. En effet, ils ont tous les deux connu la période de l’esclavage. Le premier Frederick Augustus Washington Bailey (Frederick Douglas) naît soit en 1817 ou en 1818. Il est fils d’une esclave et d’un père blanc. Il est rapidement séparé de sa famille, et est élevé par sa grand-mère jusqu’à 8 ans. Il part ensuite travailler dans une plantation au Maryland où, il assiste à des scènes de violences. Il arrive par la suite à rejoindre Baltimore et devient servant pour la famille de Hugh Auld. Il est renvoyé à l’âge de 16 ans dans une plantation. Il essaye rapidement de s’enfuir en direction du Nord et notamment de la ville de New York. C’est durant cet épisode qu’il choisi de s’appeler Douglass, afin d’échapper aux chasseurs d’esclaves. Lors qu’il arrive enfin à être en sécurité, il se consacre aux mouvements abolitionnistes, à l’éducation des afro-américains et à l’émancipation des femmes. Il arrive en 1841 au Massachusetts, un État anti-esclavagistes. Ses talents d’orateurs sont rapidement reconnus, il devient agent pour la Massachussetts Anti-Slavery Society. Frederick Douglass se lance en 1845 dans la rédaction de sa biographie : La vie de Frederick Douglass, esclave américain, écrite par lui-même (en français). Cet ouvrage est destiné à la défense de la cause noire. Il permet de mettre en avant la vie des esclaves tout en illustrant Frederick Douglass comme ancien esclave face aux nombreuses critiques contemporaines qui ne le considèrent pas vraiment esclave au vu de son niveau de langues. Nous en avons ici un extrait qui se penche sur un moment important de la vie de l’ancien esclave. Le texte raconte l’instant où M. Auld découvre que sa femme enseigne à Douglass de manière secrète, à lire et à écrire. Douglass rapporte les paroles du maître de maison, qui explique à sa femme, pourquoi il ne faut surtout pas éduquer un esclave.

Billy McCrea est un personnage plus complexe, il est difficile à situer, en effet, lui-même lui ne la connait pas. Ainsi, différents âges, lui sont attribués lors de l’interview, le plus jeune étant 89 ans. Ce qui signifie qu’il serait né en 1841. Cette date lui laisserait le temps d’avoir été touché par les derniers âges de l’esclavage aux États-Unis. Les chants sont un exemple de cette culture d’esclave. Il était cuisinier sur un bateau à vapeur. McCrea devient connu grâce à l’interview qu’il a réalisé avec John et Ruby Lomax en 1940. Ce couple forme une sorte de groupe de recherche lancé initialement par John. Il est diplômé en littérature à Harvard, il y enseigne quelque temps. Il engage au début du XXe siècle une recherche et une collecte de chansons de cow boy qu’il publie en 1910. Ce travail sur la musique lui permit d’obtenir plusieurs postes et missions importantes, notamment celle en lien avec la bibliothèque des archives de Washington. Le matériel qui lui fut fourni lui permit de voyager, avec sa seconde femme Ruby, et d’enregistrer des chansons pour les archives dans les années 1930. C’est à partir de 1936 que le travail de John Lomax se rapproche de la cause noire, en travaillant sur la collecte de récits d’anciens esclaves. L’interview de Billy McCrea est alors réalisée en 1940 à Jasper, au Texas, ancien État esclavagiste membre de la Confédération. Elle est plus centrée sur les chansons d’esclaves que sur son histoire personnelle même si elle permet de relever certains éléments de sa vie : nature de son travail, durée, etc.

Comment ces documents présentent les conditions de vie d’anciens esclaves, dans un pays qui connaît de multiples mutations ? 


Bibliographie

Portes, Jacques, et Société d’études pour le développement économique et social (Paris). Les États-Unis d’Amérique de Lincoln à Truman : politique et société, 1860-1952. SEDES, 2013.

Douglass, Frederick, et Hélène Tronc. La vie de Frederick Douglass, esclave américain, écrite par lui-même. Editions Gallimard, 2006.

Fohlen, Claude. Histoire de l’esclavage aux Etats-Unis. Perrin, 1998.

Pap Ndiaye, Les noirs américains : en marche pour l’égalité, Galimard, 2009

Peter Kolchin, Une institution très particulière : l’esclavage aux Etats-Unis 1619-1877, Belin, 1998

Sacré Robert, Les negro spirituals et les gospel songs, PUF, collection Que sais-je ? 1993.

Augustin.R

Augustin.R

Etudiant et alternant en Communication dans les Pays de la Loire. Un objectif : facilité l'utilisation du numérique pour les TPE et PME.

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